La cérémonie des voeux d'Hélène Mandroux s'est déroulée ce mardi 14 janvier à l'Hôtel de ville.
"En tant que Maire de Montpellier, j’ai l’honneur de vous présenter mes vœux pour la 10ème année. En cette année d’élection, loi électorale oblige, je suis tenue à ne vous présenter ni bilan, ni projet. D’une certaine manière, tant mieux, mon intervention aurait été interminable. Tant de choses ont été réalisées en une décennie. En respectant les contraintes d’un tel exercice, je vais malgré tout, vous parler ce soir de ce qui me tient à cœur : je vais vous parler de notre ville. Mais, je voudrais, tout d’abord, remercier très sincèrement l’ensemble de mes proches collaborateurs ainsi que les 4 000 agents qui m’ont accompagné durant ces 10 années, au service des montpelliérains.
Montpellier, aujourd’hui comme hier, est regardée avec intérêt, convoitise. Et quoi de plus normal ? Notre Ville enregistre un développement démographique le plus élevé de l’hexagone. Bien sûr, nous disposons de formidables atouts naturels, climatiques, géographiques, universitaires pour attirer à nous ces nouveaux habitants. Mais plus que tout, je crois que la ressources la plus précieuse de Montpellier est sa population.
Les Montpelliéraines et les Montpelliérains sont aujourd’hui 268.000 soit près de 40 000 habitants supplémentaires en l’espace de seulement 10 ans ; 40 000 habitants, c’est l’équivalent d’une ville comme Chartres, Angoulême ou plus près de nous, Alès. Notre ville grandit. 8ème ville de France, Montpellier est en passe de rejoindre Strasbourg et ses 270 000 habitants.
Cette formidable vitalité constitue l’une de nos grandes richesses. Richesse économique, cela va de soi mais plus encore richesse humaine. Prolongeant ainsi une longue tradition d’accueil, cet apport continu de population crée une identité singulière qui n’a de cesse de s’enrichir et de se renouveler. Notre cité est devenue un espace dédié à la diversité, à l’Autre et à la rencontre. Dans le creuset de cette ville internationale s’échange l’ensemble de ces différences d’origine, de mœurs, de générations, de cultures, d’idées… au point que Montpellier, en grandissant, doit inventer de nouvelles manières de vivre ensemble. Car regrouper toujours plus de personnes ne fait pas en soi un projet de société. Un projet de Ville.
François Mitterrand disait que « la mesquinerie et le mercantilisme n’ouvrent jamais les voies de l’avenir ». En effet, il nous appartient de mettre au cœur de ce projet de l’humain dans l’urbain. Par cette formule, j’entends mieux humaniser la ville pour en faire un lieu d’échanges et non un simple espace marchand aussi théâtral et profitable soit-il. Pour moi, et vous ne serez pas étonnés, architecture, environnement et santé sont naturellement liés. Mais il nous appartient, peut-être plus encore, de mettre l’urbain dans l’humain. Car l’urbanité est précisément le respect de son voisin, de son prochain, de soi-même. Dès lors, construire la Ville, c’est se mettre au chevet de l’Autre et porter, haut, fort et loin, la tolérance. Mieux la fraternité.
Faut-il rappeler ici que les valeurs de notre devise républicaine « Liberté, Egalité et Fraternité » ne peuvent aller que de concert mais ne vont pas de soi ? Une nouvelle citation de François Mitterrand me vient à l’esprit « sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment Liberté, Egalité, Fraternité, aucun volontaire n’est de trop ». Que l’on soit élu ou citoyen, telle doit être notre œuvre en commun. Ce n’est qu’au prix d’un effort soutenu, et sans cesse renouvelé, que l’Autre, le différent, le distinct, ne sera pas perçu du haut de son « inquiétante étrangeté » pour reprendre une expression de Sigmund Freud mais, comme une fortune, une richesse, un don. Parmi les volontaires, évoqués par François Mitterrand, les jeunes occupent une place particulière à Montpellier. Je vous rappelle que près de 50 % de notre population a moins de 30 ans et 70 % moins de 45 ans.
Que notre ville compte près de 60 000 étudiants, 60 000 adultes qui vivent leur jeunesse, nourrissent leurs appétits de savoir et construisent leur vision du monde dans nos Ecoles et nos Universités, mais aussi, au cœur même de notre espace public. Cette jeunesse est porteuse d’enthousiasme, de curiosité, de créativité. C’est pourquoi, Montpellier doit rester ce territoire riche d’opportunités, de diversités et d’échanges. C’est aussi la raison pour laquelle notre offre de cultures, de loisirs, d’évènements, d’apprentissages, de rencontres est aussi primordiale.
En ce temps de période électorale, il est de la responsabilité de chaque citoyen de s’exprimer, en allant voter pour le candidat de son choix. Il est aussi de notre responsabilité d’aider notre jeunesse à assumer sa citoyenneté politique. A en saisir pleinement les enjeux. Et ne pas oublier que la citoyenneté politique est inséparable de la citoyenneté sociale.
Cette année plus de 2000 jeunes électeurs vont pouvoir voter pour la première fois de leur vie à Montpellier. Je les invite à ne pas rejoindre ce qui est en passe de devenir le plus vaste parti de France – le parti des abstentionnistes -. Votre avenir dépend de votre vote. Car si le futur ne peut se prévoir, en revanche, il peut se décider.
Avenir, nous le savons trop, aussi riche d’incertitudes que de promesses. En effet, comment ne pas évoquer les menaces liées aux crises économiques et financières. Comment ne pas penser aux catastrophes climatiques ? Comment ne pas s’alarmer de la crise de valeurs et d’identité que traversent non seulement nos sociétés dites développées mais aussi chacun de ses membres.
Pour autant, pourquoi ne pas s’émerveiller des progrès fascinants de la science ? De la naissance d’un véritable monde virtuel ? De la mondialisation des connaissances, des solidarités internationales ? Du développement des pays intermédiaires ? Comment ne pas s’enthousiasmer devant les progrès matériels, médicaux, technologiques… accomplis en si peu de temps.
Montpellier aura à se mouvoir dans cette époque aussi riche de menaces que d’opportunités. Mais plus que tout, il lui appartiendra de préserver son identité de Ville, née de l’échange de médecins juifs, chrétiens, et arabes ; née de la rencontre de la tolérance, de la curiosité et du savoir. Il lui appartiendra de veiller au maintien du fragile équilibre né de ses diversités.
Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la moitié des individus qui peuplent notre planète habite en ville. La ville est un des sujets les plus importants de notre siècle. Le futur de Montpellier est entre vos mains. Pour le rêver, l’imaginer et le construire, il ne faut renoncer ni au passé, ni au présent. Comme je l’avais fait le jour de l’inauguration de la nouvelle mairie, je laisserai le soin à Victor Hugo de conclure « Liberté, Egalité, Fraternité. Rien à jeter, rien à retrancher. Ce sont les trois marches du perron suprême.
La Liberté, c’est le droit.
L’Egalité, c’est le fait.
La Fraternité, c’est le devoir.
Tout l’Homme est là ».
Je ne doute pas que cette citation vous aidera à penser librement.
Je vous souhaite une très BONNE ANNEE 2014".
