Dans un restaurant de Tel-Aviv, une jeune femme se fait exploser au milieu des clients. À l’hôpital, le docteur Amine Jaafari, chirurgien israélien d’origine arabe, opère les survivants de l’attentat. Dans la nuit qui suit le carnage, il est rappelé d’urgence pour examiner le corps déchiqueté de la kamikaze. Le sol se dérobe sous ses pieds : il s’agit de sa propre femme. Comment admettre l’impossible, comprendre l’inimaginable, découvrir que l’on a partagé des années durant la vie et l’intimité d’une personne dont on ignorait l’essentiel ? L’ Attentat est l’histoire haletante d’une quête. Pour comprendre. Pour trouver le déclic de ce sacrifice. Entre enquête policière et jalousie amoureuse.
Yasmina Khadra, de son vrai nom Mohammed Moulessehoul, est né en 1955 en Algérie. Il est aujourd’hui connu et salué dans le monde entier, ses romans traduits dans plus de 30 pays. L’ Attentat (2005) est le deuxième tome d’une trilogie consacrée au dialogue de sourds qui oppose l’Orient et l’Occident commencée en 2002 avec Les hirondelles de Kaboul et achevé en 2006 avec Les sirènes de Bagdad.
« Monter Yasmina Khadra, c’est souscrire à une certaine idée que l’on se fait du théâtre. Une idée politique et contemporaine : prendre la parole devant ce qui est indicible, ne pas céder au renoncement, à l’aveuglement et au fatalisme car c’est prendre part au monde. Monter L’ Attentat, c’est déplacer notre attention vers un des endroits où bat le pouls du monde et qui hante nos journaux depuis notre enfance. Monter L’ Attentat, c’est poser ce problème insoluble de l’héritage. Ce n’est pas une histoire de mort, c’est une histoire de vie. Qu’en est-il de notre héroïsme et qu’en est-il de notre lâcheté ? Qu’en est-il de notre égoïsme, de nos trahisons, de nos renoncements et qu’en est-il de notre sollicitude, de notre libération et de notre mérite ? »
Fabien Bergès
