Le centre névralgique de la nouvelle Région ne devrait plus être Montpellier. Photo Redouane Anfoussi.Tandis que le chômage n'a jamais été aussi fort, la réforme territoriale imposée à la hâte laisse planer bien des zones d'ombre sur l'avenir économique d'un territoire élargi à Midi-Pyrénées.
Toulouse sera-t-elle l'unique capitale ? Quel sera le nom de la nouvelle région ? Montpellier conservera-t-elle des administrations ? A un an de la fusion virtuelle entre le Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, les incertitudes, au-delà même de la date de l'élection régionale, sont bien réelles.
Si le principe d'une carte réduite sans aucune concertation à 13 régions semble acquis - le Conseil constitutionnel a validé la réforme - les modalités restent floues. Et les conséquences sur le plan économique bien plus encore.
Quid par exemple de l'enveloppe de plus d'un milliard d'euros promise par l'État au Languedoc-Roussillon dans le cadre du nouveau contrat de plans qui sera signé au mois de mars ? Sera-t-elle ajoutée à celle de Midi-Pyrénées ou l'État en profitera-t-il pour les renégocier ? "Une clause de revoyure est programmée fin 2016", se contente de préciser le préfet de région Pierre de Bousquet.
A l'échelle intercommunale, la toute puissante métropole va-t-elle absorber des compétences du Département et contraindre certains territoires ruraux à des rapprochements ? "La réussite de la Métropole qui a vocation à élargir ses compétences (tourisme, accueil des gens du voyage...) tiendra à sa capacité à discuter avec ses voisins", estime le préfet qui concède "attendre" des regroupements de communautés de communes. "Sauf exception, la loi devrait fixer la taille minimum des futures intercommunalités à 20 000 habitants".
Déjà saignées à blanc par l'ancienne Garde des Sceaux Rachida Dati, qui a supprimé une centaine de tribunaux, les six cours d'appel vont-elles subir le même sort ? Là encore, rien n'est gravé dans le marbre, confirme le préfet. "Il semblerait que la doctrine de Manuel Valls ait évolué et que l'on n'imagine plus de ne conserver que la Cour d'appel de Toulouse".
On n'en sait pas beaucoup plus sur l'avenir économique. Pierre de Bousquet a beau prétendre que "la réforme n'a pas été pensée pour faire des économies" mais pour doter les territoires de meilleurs outils face à la compétitivité européenne et mondiale, on peut craindre que la plupart des administrations et un certain nombre de sièges d'entreprises seront regroupés à Toulouse. "Il ne faut pas croire que Montpellier sera vidée de milliers d'emplois du jour au lendemain", tente là encore de rassurer le représentant de l'État. L'avenir des fonctionnaires s'écrit, lui aussi, au conditionnel : "Ils sont protégés par leur statut mais il n'est pas exclu que certaines missions ne soient plus à Montpellier". Il ajoute : "Le bon sens suppose qu'on ne disperse pas l'activité administrative et le pragmatisme de ne pas forcément tout concentrer au même endroit". Et Pierre de Bousquet de proposer que la préfecture de l'Hérault, menacée, conserve au moins un pôle "littoral et viticole".
Autant d'éléments de réponses qui laissent penser que Toulouse deviendra "La" capitale régionale au détriment de Montpellier.
Rémy Cougnenc
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