mercredi 28 janvier 2015

Lavérune : Le rachat de Grand'Mère confirmé

Lors de la grève qui a précédé le CCE. (photo archives redouane anfoussi)Lors de la grève qui a précédé le CCE. (photo archives redouane anfoussi) 

L'intersyndicale veut tout faire pour le maintien de l'emploi à Carte Noire.

Pris en étau par la méga-fusion entre deux géants du café, l'Américain Mondelez et le Néerlandais Demb, les salariés de Carte Noire à Lavérune n'ont qu'une idée, préserver l'emploi. Rude tâche quand pour s'attirer la bienveillance de la Commission européenne qui refuse qu'un seul groupe brigue 70% du marché, les deux multinationales se débarrassent de certaines de leurs marques.
D'autant que l'usine de Lavérune dont la production est à 38% consacrée au café Grand'Mère, est en première ligne.
Après un comité central d'entreprise, puis un comité central hier, les salariés en savent un tout petit peu plus. Selon une source proche de l'intersyndicale, la confirmation a été officialisée de la vente de Grand'Mère au groupe familial italien Lavazza. Le scénario envisagé serait l'arrêt progressif de la production à partir d'août prochain (la fusion est prévue pour le 1er juillet) et jusqu'à fin mars 2016. A cette date là plus un grain de Grand'Mère ne sortira de l'usine de Lavérune.
Selon la direction cette diminution de la production serait absorbée par l'emploi précaire. Sur les 164 salariés du site, 8 sont en CDD et peuvent s'apprêter à ce que leur contrat ne soit pas renouvelés. De même d'ailleurs que les missions d'intérim qui représenteraient 20% du personnel.
Un scénario inquiétant si rien ne vient remplacer la production de la marque Grand'Mère. L'intersyndicale a bien une idée : produire plus de capsules Nespresso compatibles. D'ailleurs une deuxième ligne de production est dans les tuyaux. Mais aucune garantie n'a été donnée.
Une autre inquiétude taraude les salariés. Ce gage donné à Bruxelles, pourrait ne pas être suffisant pour obtenir l'accord de la Commission européenne car le groupe ainsi formé concurrencerait le géant américain Nestlé. Cela serait un énorme camouflet pour les deux multinationales candidates à la fusion, mais les salariés risqueraient surtout d'en payer les frais. C'est pourquoi l'intersyndicale a l'intention de "tout faire pour le maintien de l'emploi".
Annie Menras
http://www.lamarseillaise.fr/herault-du-jour/
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