
Philippe Saurel était invité vendredi par son homologue
Jean-Luc Moudenc pour installer le nouveau statut intercommunal.
Entente parfaite, mêmes priorités, mêmes ambitions, mêmes
défis à relever. Toulouse et Montpellier ont signé leur gémellité
métropolitaine. Jean-Luc Moudenc, maire UMP de Toulouse et président de
Toulouse Métropole, a rendu la politesse à son homologue de Montpellier,
Philippe Saurel. En le conviant, vendredi, à l'installation du nouveau statut
intercommunal, comme le premier magistrat montpelliérain l'avait fait le 12
janvier. Tous deux seuls sur scène. Comme pour signifier la coopération future
des deux Métropoles dans la grande Région.
"Un jour historique", pour Philippe Saurel
Montpellier et Toulouse égales, dans une entente "en
dehors des partis". Les édiles ont appris à se connaître et s'apprécient.
L'avocat et le dentiste sont tous deux férus d'histoire. Et n'ont pas hésité à
parsemer leurs discours respectifs, sans notes, de références aux États du
Languedoc et aux "seigneurs de Montpellier qui ont su rester indépendants,
sous la férule des Guilhem", comme l'a souligné Jean-Luc Moudenc. Un signe
d'indépendance qui a plu au maire héraultais, affaibli par une grippe
persistante, qui a évoqué "un jour historique".
Certes, les deux cités seront concurrentes. Pour attirer les
entreprises, conserver le statut de capitale, "défendre nos intérêts
particuliers". Mais "se faire la guerre ne servirait à rien, si ce
n'est à nous affaiblir mutuellement, a rappelé Philippe Saurel. La concurrence,
la vraie, elle est ailleurs, elle est mondiale." Pour autant, le
Montpelliérain ne nie pas l'évidence : "Toulouse est une ville puissante.
Nous, dans le Bas-Languedoc, nous avons beaucoup à apporter : notre
indépendance et la Méditerranée." Jean-Luc Moudenc avait prévenu : "Nous
avons besoin de deux Métropoles fortes pour le développement de la future
grande Région. Mais nous ne devons pas la créer de manière antagoniste ni
égocentrique."Recherche de partenaires
Santé, recherche, universités...
Du reste, les deux élus ont déjà listé leurs priorités.
Fortes toutes deux du label French tech, les Métropoles comptent coucher sur
papier, d'ici la fin de l'année, "une feuille de route précise pour
l'équilibre de notre coopération". Sur la santé, la recherche, les
universités, le tourisme, le développement à l'international, l'informatique...
Il leur faut désormais trouver les partenariats qui permettront à la Région de
bénéficier de la dynamique installée par cette entente politique inédite. Reste
à savoir si elle sera vouée au succès et au respect des identités de chacun.
YANNICK POVILLON Midi Libre