Quatre Départements sur cinq ont une majorité de gauche, le 29 mars, le PS pourrait perdre son hégémonie. L'UMP est à l'affût et le FN pourrait faire son entrée dans les conseils.
Ce lundi 16 février à 16h, se termine le dépôt des candidatures pour les élections départementales qui se dérouleront les 22 et 29 mars prochain.
Les enjeux de ces élections intermédiaires - le plus souvent défavorables à la majorité nationale - sont énormes dans une période où le Front national profite du désarroi et de la déception des électeurs.
On se demande en outre si le gouvernement n’a pas souhaité un grand nombre d’abstentions en dissociant les élections départementales et les élections régionales qui n’auront lieu qu’en décembre 2015. Les ex-cantonales mobilisent en général peu l’électeur et il est peu probable que cela change cette fois d’autant que le flou continue de régner sur l’avenir de la collectivité. Elle est cependant moins menacée à court terme et la plupart des candidats font même comme si la menace n’existait pas.
L'UMP se voit aux manettes
En Languedoc-Roussillon, la gauche est majoritaire dans quatre départements sur cinq, la Lozère et l’Aveyron étant d’ailleurs les seuls départements à droite de la future grande région.
Dans l’Hérault, la majorité départementale compte 43 des 49 sièges. Avec 33 élus, le PS est majoritaire à lui tout seul, s’ajoutent 3 PCF, 5 divers gauche, 1 EELV, 1 sans étiquette. L’UMP n’a que trois sièges. Malgré cette majorité écrasante, le nouveau découpage en 25 cantons et surtout la situation politique laissent planer un doute sur le résultat du 29 mars. Le FN espère emporter 7 ou 8 cantons en comptant notamment sur les 3 candidats du biterrois qu’a présentés vendredi Robert Ménard. Il n’est pas exclu qu’il ait des élus. L’UMP, qui a réalisé un accord avec l’UDI presque partout, se voit déjà aux manettes. Le PS n’a réalisé pratiquement aucun accord à gauche, en revanche Philippe Saurel présente cinq candidats face à lui à Montpellier. Ce qui multiplie les candidatures à gauche, quatre par exemple dans le canton qui comprend la Paillade jusque-là représenté par le président du Département qui passe le relais. Le Front de gauche ne part pas toujours dans sa composition initiale, certains candidats PCF sont associés à EELV, comme certains PG, et le parti écologique part trois fois seul.
Les ambitions du FN
La situation est encore plus critique pour le PS dans le Gard. La majorité départementale comprend 33 élus : 22 socialistes, dont 8 PCF/Front de gauche, 3 EELV ; la droite compte 13 sièges. On sait le poids du FN dans ce département dont il a voulu faire son laboratoire. Il pourrait ravir au moins 3 cantons : Saint-Gilles, Beaucaire et Vauvert. Le PS est en danger notamment à Nîmes où l’UMP se donne un grand chelem pour objectif et la gauche pourrait perdre une majorité pourtant très confortable aujourd’hui d’autant qu’un rapprochement UMP/FN (qui s’est déjà produit dans la région) n’est pas à exclure. Plus encore que dans l’Hérault les membres du Front de gauche se retrouvent dans des configurations très diverses. Dans plusieurs cantons, le PS n’a pas présenté pour l'instant de candidats contre eux.
Dans l’Aude, majorité également au seul PS avec 22 élus sur 35, le PCF compte deux élus, EELV 1 de même que le POI, 3 sont divers gauche, la droite a 5 élus. La majorité devrait rester à gauche mais une entrée du FN et une progression importante de l’UMP ne sont pas à exclure.
Dans les Pyrénées-Orientales, avec 18 élus le PS détient la majorité des 31 sièges, le PCF a 3 élus, la droite 10 mais rien n’est joué.
Enfin d’une manière tout à fait paradoxale, la Lozère, seul département à droite, pourrait aussi être le seul de France à passer à gauche. Pour l’heure il compte 15 élus de droite et 10 à gauche (dont 3 PS, 1 PCF, 1 EELV, 3 PRG).
Annie Menras
http://www.lamarseillaise.fr/herault-du-jour/politique/36150-departementales-un-scrutin-a-hauts-risques-en-languedoc-roussillon
