
JEU, 05/02/2015
Le président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré a jugé mercredi 4 février que «la laïcité n'est pas négociable», critiquant au passage le concept de «laïcité positive» défendu il y a quelques années par Nicolas Sarkozy.
«Pour moi, la laïcité n'est pas négociable. Le drame de nos sociétés actuelles, c'est qu'on n'est pas assez offensif sur ce principe», a déclaré M. Debré lors de l'émission Questions d'infos LCP-France Info-Le Monde-AFP mercredi 4 février. Des propos repris le lendemain par François Hollande lors de sa conférence de presse. «La laïcité n'est pas négociable car elle nous permet de vivre ensemble», et elle n'est «pas un principe qui devrait subir des accommodements», a-t-il affirmé. «La laïcité, ce sont des valeurs et des règles de droit qui consistent à protéger ce qui nous est commun, mais aussi ce qui nous est singulier, c'est une garantie contre les intolérances qui viendraient de l'intérieur et contre les influences qui viendraient de l'extérieur» a-t-il continué.
En 2007, Nicolas Sarkozy avait plaidé pour une «laïcité positive» qui sache «veiller à la liberté de pensée» mais qui «assume également les racines chrétiennes» de la France.
«Il y a la laïcité, il n'y a pas la laïcité positive et la laïcité négative. La laïcité c'est essentiel, parce que c'est la liberté d'opinion (...) de conscience», a insisté M. Debré.
«Dire que la laïcité peut être positive ou négative, c'est vouloir admettre qu'on ne croit pas à cette liberté de conscience (...) Ça veut dire qu'on considère que la laïcité peut ne pas être positive», a-t-il critiqué, sans citer l'ancien président de la République.
«Il y a la laïcité, il n'y a pas la laïcité positive et la laïcité négative. La laïcité c'est essentiel, parce que c'est la liberté d'opinion (...) de conscience», a insisté M. Debré.
«Dire que la laïcité peut être positive ou négative, c'est vouloir admettre qu'on ne croit pas à cette liberté de conscience (...) Ça veut dire qu'on considère que la laïcité peut ne pas être positive», a-t-il critiqué, sans citer l'ancien président de la République.
«Cela ne veut pas dire qu'on ignore les religions (...) Ça veut dire que l'État ne privilégie, n'aide ou n'encourage aucune religion. Dans ce monde de tensions, c'est essentiel», selon M. Debré. «La laïcité a mis fin, et doit mettre fin, aux guerres de religions», a-t-il souligné. Contre le développement de l'antisémitisme et de l'intolérance, «la laïcité n'est pas une solution, c'est la solution !» a affirmé le président du Conseil Constitutionnel. L'antisémitisme dans les banlieues, «c'est notre faute collective, notre responsabilité collective, et comme je ne veux pas être pessimiste, il faut sur ce problème de la laïcité, être offensif, dynamique, il ne faut pas avoir peur», a-t-il dit.
«Plus que d'apprendre le fait religieux, apprenons la laïcité (...) pourquoi elle est garante du vivre-ensemble», a préconisé M. Debré.
«Plus que d'apprendre le fait religieux, apprenons la laïcité (...) pourquoi elle est garante du vivre-ensemble», a préconisé M. Debré.
Par: Alexandra Luthereau (avec AFP)