L'Ordi distribué à tous les lycéens (ici Clemenceau) ne fait toujours pas l'unanimité à droite. r. anfoussi Placée dans une situation précaire par la probable fusion avec Midi-Pyrénées, la majorité de Damien Alary n'a pas l'intention de geler ses projets.
Damien Alary a bien annoncé qu'il allait réduire le budget du protocole et de la communication. Mais pour le reste, le président du Languedoc-Roussillon à qui il reste un an de mandat avant les prochaines élections de décembre 2015, n'a pas l'intention de mettre en sommeil les chantiers que feu son prédécesseur Christian Bourquin avait engagés.
Hier matin, lors du débat d'orientation budgétaire, préambule au vote du budget du Conseil régional le 19 décembre prochain, la majorité de gauche (PS-PCF-PRG-Ecologistes) a rappelé sa volonté de continuer à investir en faveur des habitants du Languedoc-Roussillon. "Avec 44% de son budget consacré aux investissements contre 33% en moyenne en France, 197 euros investis par habitant contre 152, la Région va continuer à assumer son rôle de premier financeur", garantit le vice-président aux finances Eric Andrieu.
511 millions de crédits sont programmés en 2015 dans la lignée de cette année. A l'image de la généralisation du train à un euro, les ordinateurs portables offerts aux lycéens sans condition de ressources ou à la gratuité du permis de conduire en faveur des apprentis, la majorité fait valoir qu'au delà des projets structurants comme le TGV, une partie des dépenses serviront à "soutenir le pouvoir d'achat des ménages".
Comme les autres collectivités qui subissent de plein fouet la politique austéritaire du gouvernement, la Région va pourtant perdre 19 millions d'euros de dotations de l'État l'an prochain. Et comme la plupart de ses leviers fiscaux lui ont été confisqués*, on peut se demander comment une telle prouesse est possible. "Nos finances sont saines, notre gestion de la dette optimisée et notre perspective financière réaliste", répond Damien Alary citant les passages flatteurs du rapport de l'agence de notation Standard & Poor's.
Critiques stériles à l'UMP-FN
Les deux enveloppes (1,2 milliards de l'Europe et 450 millions de l'Etat) que le Conseil régional pourra gérer dans les prochaines années n'y sont pas non plus pour rien. Mais ces perspectives ne convainquent pas l'opposition. "Le montant de la dette dont une partie est reportée sur d'autres exercices est sous-estimé", estime France Jamet (FN) qui note une hausse de l'emprunt (197 millions contre 187) et ressort le couplet de "la politique euro-austéritaire et pro-immigrationniste de l'UM-PS".
Du côté de l'UMP, Jean Castex dénonce un rapport de 65 pages nourri de "considérations nationales" qui mettent tout sur le dos de l'héritage d'avant 2012. "C'est une manoeuvre bien connue, une supercherie pour exonérer le gouvernement actuel". En fait, seul le Centre critique les projets. "Le TER à un euro et l'Ordi sont des leurres qui masquent les faiblesses de votre politique", lance Jean-Jacques Pons. Damien Alary conclut le débat : "La réalité c'est que vous nous reprochez d'être trop bons en redonnant du pouvoir d'achat aux habitants. Certaines Régions ne seront pas autorisées à gérer les crédits européens dès la première année. Nous avons été les premiers à avoir le feu vert. Vous pensez que ça tombe du ciel ?"
* Ce vendredi 28 novembre, l'assemblée a reconduit le niveau maximal de la Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE). Elle représente 2,5 centimes d'euro par litre d'essence et rapporte 57,4 millions à la Région.
Rémy Cougnenc
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