lundi 1 décembre 2014

Saurel-Moudenc : Une idylle pour conjurer les inquiétudes

Une rencontre rare et très médiatisée. PHOTO REDOUANE ANFOUSSIUne rencontre rare et très médiatisée. PHOTO REDOUANE ANFOUSSI 

 Rencontre « historique » entre les maires de Toulouse et Montpellier.

Avant même que la loi qui permettra la fusion des régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon ne soit promulguée, les maires divers gauche de Montpellier et UMP de Toulouse ont pris les devants. Philippe Saurel s'est rendu dans la ville rose en août, Jean-Luc Moudenc était à Montpellier vendredi 28 novembre. Croient-ils à la réalité de leurs désirs ? En tout cas par cette rencontre "historique", les deux édiles, qui seront chacun président d'une métropole le 1er janvier 2015, n'ont pas eu hier de mots assez chaleureux pour décrire les coopérations qu'ils envisagent entre leurs institutions. Philippe Saurel convoqua le Languedoc de Raymond IV au XIe siècle, rappela la séparation entre Haut et Bas Languedoc. Jean-Luc Moudenc évoqua "des retrouvailles familiales".
Et tous deux de s'enthousiasmer pour cette entente "exemplaire".
"Nous sommes faits pour nous comprendre. Nous avons envoyé un signal fort : ce n'est pas la guerre", a déclaré le maire de Toulouse ajoutant "quand les deux chefs donnent le ton, les équipes suivent".
En creux, évidemment, il y a le fait que Toulouse sera la capitale de la nouvelle région. "Ca ne veut pas dire que la capitale devra tout capter", tente Jean-Luc Moudenc, "Entendons-nous pour que les deux villes soient traitées et travaillent ensemble sur un pied d'égalité", ajoute-t-il sans nier "que sur le plan symbolique, cela peut focaliser beaucoup d'attention".
C'est ce qui justifie aux yeux de Philippe Saurel la création de la Métropole de Montpellier. "Je [la] construis non pour rivaliser avec Toulouse mais pour faire un pôle d'équilibre dans la grande Région. Je ne comprendrais pas qu'une seule métropole soit considérée avec le désert autour."
Il faut en accepter l'augure, mais ceux qui auront la maîtrise économique du futur sont ailleurs. C'est pourquoi Jean-Luc Moudenc prévient : "La future Région ne se construira avec force que si elle s'appuie sur deux métropoles."
De là à ce que les deux élus fassent liste commune aux Régionales, "nous n'en sommes pas là", sourit l'élu qui vient de réunir ses amis UMP toulousains. Philippe Saurel ne commente pas.
Premiers axes de travail : la santé, le numérique, l'université. La priorité : le tronçon à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse, le chaînon manquant de la LGV entre Montpellier et Perpignan. Les deux présidents de métropole seront-ils aussi unis si le gouvernement choisit l'un et pas l'autre ? C'est toute la question que ne peut complètement occulter l'idylle consacrée hier dans la salle des mariages de la mairie de Montpellier.
Annie Menras
http://www.lamarseillaise.fr/herault-du-jour/