mercredi 11 février 2015

Montpellier culture : Saurel à la fois au pupitre et en coulisses

Montpellier culture : Saurel à la fois au pupitre et en coulisses

Les Zat, ici aux Beaux-Arts, en bonne place dans l’agenda culturel de la ville.
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L'édile justifie ses choix en matière de collaborateurs, de projets et même de programmation de certains artistes locaux.

Philippe Saurel ne compte pas que des amis dans le milieu culturel de la ville. Critiqué pour sa gouvernance très personnelle, ses jugements et ses oukases parfois, le maire et président de la Métropole a profité de la présentation de la Zat et des prochaines expositions pour justifier ses choix, son mode de fonctionnement, se défendant de régler des comptes avec d'anciens soutiens de Jean-Pierre Moure. "Je passe sur le politique quand les mecs sont bons et qu'ils veulent bien travailler avec moi". Une équation qui ne tenait donc plus avec Valérie Astésano, la directrice de la culture de la Ville, écartée.
"Lorsqu'un directeur remet en cause ma gouvernance, il est à la limite de la faute professionnelle.Les fonctionnaires ont un devoir de réserve", a expliqué l'élu. Selon lui, c'est aussi une divergence de vues sur la Panacéequi est à l'origine de la brouille. Le centre dédié aux arts numériques et aux nouvelles écritures conserve ses spécificités (avec le festival Tropisme, fin février) mais devra aussi accueillir des expositions impulsées par la Ville, telles que les Boutographies. "Car ce n'est pas une république libre", a insisté Philippe Saurel.

Montanari pour la Zat aux Grisettes

La 9e Zone artistique temporaire (Zat) aura donc lieu dans le quartier des Grisettes, les 5 et 6 avril. La programmation de ce rendez-vous, qui se déroulera à la sortie de la station de tram en direction du Mas-Nouguier n’est pas encore connue mais tournera autour de la danse, avec des spectacles de rues des démonstrations et des bals. C’est Jean-Paul Montanari qui a été chargé de préparer cette édition dans un quartier, dit-il, "assez étrange et plutôt rigolo". "On va bien s’amuser", prédit encore le patron de Montpellier Danse qui s’appuie, notamment, sur des spécialistes des arts en espaces publics, Karwan et l’Atelline, pour investir ce nouveau secteur.
Un audit pour la Chapelle gély
À Figuerolles, La Chapelle est l'autre motif de crispation de la tutelle municipale, qui vient de réduire drastiquement sa subvention. "Ils ont fait n'importe quoi et sont dans le rouge. Ils avaient prévu de limoger le directeur mais ce n'est pas dans le budget", fait remarquer le maire, plus enclin à "lancer un audit" qu'à valider le nouveau projet culturel du lieu. À l'inverse, les expositions programmées de Patrice Palacio et José Salles-Albella (espace Bagouet) sont attendues avec satisfaction, car ce sont "des artistes montpelliérains qui n'ont jamais exposé à Montpellier". Seulement sollicité pour présenter les grandes expos du Carré Sainte-Anne -Léopold Rabus dès février et Joana Vasconcelos en juin-, l'adjoint à la culture Cédric de Saint-Jouan a assuré qu'"aucun antagonisme de fond" ne l'opposait à un patron omniprésent, du pupitre aux coulisses.

Cinémed et Comédie du Livre

Comédie du Livre.Elle aura lieu du 29 au 31 mai et s’articulera autour des littératures ibériques. À noter une carte blanche à Lydie Salvayre, prix Goncourt 2014. 
Internationales de la guitare : "Il faut arrêter les frais", a lancé Philippe Saurel. 
Cinémed. Avec Henri Talvat mais sans Jean-François Bourgeot : c’est le message passé hier. "Je n’ai pas l’intention de l’arrêter mais il faut rediscuter le projet".
Tohu-Bohu. Le volet techno du festival de Radio France est déplacé de la place Dionysos à Antigone au parvis Frêche, devant la nouvelle mairie, avec l’accord des organisateurs dit-on en mairie. Concernant Family Picnic, le maire a assuré que trois lieux différents du domaine de Grammont avaient été proposés aux organisateurs du festival. Par ailleurs, une rencontre avec le responsable d’I Love techno, le rassemblement annulé en décembre, est programmée dans les prochains jours. Et le centre d’art contemporain ? L’agencement du lieu, initialement consacré à la présence française en Algérie, doit être repensé. Son ouverture n’est pas prévue avant 2017. 
GUY TRUBUIL Midi Libre