vendredi 1 avril 2016

Lettre ouverte à Madame Laurence Rossignol

Lettre ouverte à Madame Laurence Rossignol

L'Observatoire de la laicité Montpellier LR par la voix de son Président Boudjemaa LALIAM se joint au Communiqué commun de :
Ligue du Droit International des Femmes, Comité Laïcité République, Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes, EGALE Egalité Laïcité Europe, Femmes sans voile d’Aubervilliers, Femmes Solidaires, Féminisme et géopolitique, Les Libres Mariannes, Regards de femmes, Réseau Féministe « Ruptures » et L'Observatoire de la laicicité Montpellier LR

LETTRE OUVERTE A MADAME LAURENCE ROSSIGNOL
Le 31 mars 2016
Merci Madame la Ministre pour votre colère à propos de la mode islamique !
Les associations signataires se réjouissent que vous ayez réagi avec force et indignation face à la banalisation du port du voile islamique, qui veut se faire beau et élégant à travers des défilés de mode visant un immense et juteux marché mondial.
L’image qui vous est venue à l’esprit est celle de l’esclavage, car c’est bien ce que symbolise le voile, par l’invisibilité, paradoxalement voyante, du corps des femmes dans l’espace public. Une sorte de rappel humiliant de la claustration des femmes, une façon d’afficher la ségrégation entre les sexes.
Ni l’élégance, ni la couleur, ni la taille, ni la richesse des tissus, ni leur texture, ne sauraient changer le sens de ce symbole..
Les sociétés humaines sont construites sur des symboles : le drapeau, l’hymne, le patronyme, la grammaire, …Le système patriarcal se reproduit à travers certains d’entre eux. Nous devons savoir les reconnaître. Ce combat-là n’est pas secondaire. Hélas, les opprimé.e.s, sont souvent les complices de cette perpétuation.
Vous avez eu raison, en tant que Ministre des droits des femmes, de vous indigner.
On vous reproche d’avoir utilisé le mot « nègre » en parlant de l’esclavage, vous vous en êtes expliquée. Quant à nous, nous n’avons pas douté un instant que vous rappeliez par ce mot le mépris dont les esclaves faisaient l’objet avant que les consciences ne se réveillent.
C’est un mauvais procès que l’on vous fait là, notamment par ceux qui vous interpellent en qualifiant de « faux débat », la question de la « mode islamique ».